Jean-Marc Fiorese  Photographe amateur





Qui suis-je ? Personnalité

Je ne vous apprendrai rien en vous disant que le monde photographique est vaste puisqu'il s'agit littéralement d'écrire avec la lumière. Il est également possible de transformer l'écriture en peinture ce qui élargit le champ photographique. Les univers sont infinis et chacun met de lui-même dans ce qu'il construit.

Mon univers est le réel, j'ai du mal à en sortir. Je peux m'évader quelques instants dans l'imaginaire et laisser la suggestion envahir mes sens mais cela reste passif et ne prend pas le pouvoir au point d'agir sur mon action photographique. Cela explique qu'en photographie je fonctionne comme dans la vie, de façon structurée et raisonnée ce qui me pousse à interroger systématiquement ce que je vois. Dans mon esprit un fait est nécessairement lié à un autre dont il est la cause ou la conséquence. C'est ce que je cherche à montrer en sortant la photographie de témoignage de son statut factuel pour l'inscrire dans son histoire bien réelle et humaine telle que je la perçois ou qu'on me la raconte. Dans cet univers, je cherche avant tout à provoquer l'ampathie. De ce point de vue et en l'état de mon expérience actuelle, une photographie seule ne peut illustrer l'ensemble des faits ni l'histoire dans laquelle elle s'inscrit. Chacune de mes photographies prise isolément n'a pas nécessairement de force, ce n'est que inscrite dans son contexte en compagnie d'autres photographies qu'elle l'acquiert ou qu'elle la décuple.

Cela dit, j'essaie par ailleurs d'échapper à la rigueur du réel à travers les périples où je ne suis que de bref passage. N'ayant pas la possibilité d'entrer dans l'histoire de ce que je vois, mes sensations prennent alors le pouvoir et guident mon propos qui devient suggestif à travers des objets, des actes furtifs, des détails. Vous verrez peut-être là une contradiction avec ce que j'ai dit précédemment à propos de l'imaginaire. Il n'y en a pas. Ce n'est pas mon imaginaire qui agit mais mes sensations à partir d'un réel qui le provoquent. J'entre alors dans cet univers où je tente de pousser le spectateur à donner un sens à ce qu'il voit alors qu'en réalité il n'y en a aucun.

Photo ci-dessus prise par Chamane, Forêt de Montmorency, Octobre 2008.